ESQUISSE D'UN PENDU
JULLIEN MICHEL
Code EAN : 9782864327097
Editeur : VERDIER
Date de parution : 03/01/2013
S'appuyant sur les «Comptes et ordinaires de la prévôté de Paris» d'Henri Sauvai, un jeune historien de la monarchie de Juillet, Arthur Nouail de Lavillegille, en fournit la plus juste description dans une brochure inaperçue, saluée des érudits, résumée à parution, en 1836, par un chroniqueur d'alors, monsieur Saint, dans le Journal de l'Institut historique, cinq ans après que Victor Hugo eut composé le «Mariage de Quasimodo», l'épilogue de son roman parisien. Pour d'autres visées - compilation de génie civil -, l'opuscule servit encore Viollet-le-Duc, duquel il puisa l'essentiel de la trame afin de mettre au point, à la lettre F, entre «Four» et «Frise» de son Dictionnaire de l'architecture, l'entrée «Fourches patibulaires». Le livret primitif d'Arthur de Lavillegille sera honnêtement pillé par un certain Firmin Maillard en 1863, huit ans avant la Commune, lequel en tira une plaquette consacrée à la Machine, espèce de Who's Who des vieux pendus de Montfaucon.
Fourche, de furca - poteau, amarrage, étançon, etc. Patibulum désigne la transversale de la croix où supplicier. Par suite, par amalgame, glissement, la mine des suspendus, bel et bien trépassés, s'arrogea à elle seule le nom du tronçon mis en support dans l'équation des pendaisons puis, de là, le sinistre minois des pendus affichés, après nouvelle dérive de langue, servit à désigner le louche chez de certains mauvais visages, vivants, rencontrés, frôlés à portée d'épaule, prêts à un mauvais coup. Les deux mots accolés, fourche, patibulaire, ne sont rien de plus que le raccordement de trois traverses, deux verticales, une horizontale, une construction primaire et simplissime.

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